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Métiers d'art et développement local
Les métiers d’art
Le secteur des métiers d’art concerne plus de 200 métiers, détenteurs de savoir-faire le plus souvent séculaires, assimilables à un patrimoine vivant ou immatériel. Quelques-uns de ces métiers sont connus du grand public, parce que toujours présents dans de nombreux territoires : céramistes, ébénistes, tapissiers d’ameublement, bijoutiers, verriers, etc. D’autres ne sont plus exercés que par de très rares professionnels : couvreurs ornemanistes, dinandiers, mosaïstes, doreurs, gantiers, archetiers,...
Il n’existe pas de définition officielle des métiers d’art, pas même de définition satisfaisante « (…) eu égard à l’impossibilité de dégager des critères convenables pour suppléer ce qu’a d’ambigu, à jamais, la notion d’art » (Pierre Dehaye, 1976). Les métiers d’art peuvent néanmoins être appréhendés au moyen de deux critères essentiels :
- un savoir-faire manuel d’excellence, appliqué à un matériau et issu de pratiques traditionnelles dont la maîtrise exige en général un long temps d’apprentissage ;
- un objet utilitaire (éventuellement une prestation) à fort contenu esthétique, unique ou produit en petite série.
Le Ministère chargé de l’Artisanat a publié par arrêté, en décembre 2003, la "liste des métiers de l’artisanat d’art". Elle comprend officiellement 217 métiers, classés en 19 domaines définis selon le matériau (bois, cuir, métal, pierre, terre, textile, verre) ou l’activité (art floral, arts du spectacle, arts et traditions populaires, arts graphiques, arts mécaniques – jeux - jouets, bijouterie – joaillerie – orfèvrerie - horlogerie, décoration, facture instrumentale, luminaire, métiers liés à l’architecture, mode, tabletterie).
Trois ensembles de métiers peuvent être distingués :
- les métiers de la création, qui permettent la conception ou la réalisation d’objets d’art originaux ;
- les métiers de la tradition, qui visent la réalisation d’objets d’art traditionnels à partir de modèles et techniques hérités du passé ;
- les métiers de la restauration/conservation, qui s’exercent sur le patrimoine immobilier ou mobilier.
D’après l'Institut Supérieur des Métiers d'Art (INMA, ex-SEMA) il existe 38 100 entreprises de métiers d’art en France, dont 99% de TPE. Elles emploient 102 700 personnes et réalisent un chiffre d’affaires de 7,8 milliards d’euros, dont 637 000 € à l’export.
Un professionnel des métiers d’art peut être artisan, c’est-à-dire inscrit au Répertoire des Métiers, ou artiste, ressortissant soit de la Maison des Artistes (artiste auteur), soit de l’URSSAF (travailleur indépendant). D’autres professionnels des métiers d’art peuvent exercer leur activité en tant que salariés, auprès d’entreprises artisanales ou industrielles (dont les industries du luxe) ; certains sont fonctionnaires (agents du Mobilier National notamment).
Souffrant d’atomisation, d’isolement et d’une insuffisante organisation de leur offre, les entreprises de métiers d’art ont a priori intérêt à se regrouper au sein de pôles métiers d’art et, plus généralement, à participer aux initiatives de développement local, assez nombreuses en France, qui leur sont proposées.
Le développement local
Le développement local peut être défini comme un processus mis en œuvre par les acteurs d’une communauté, en vue d’un développement basé sur la valorisation des ressources de leur territoire.
Les pratiques de développement local concernent le plus souvent des territoires situés à l’écart des zones de développement (zones rurales, périphéries de grandes agglomérations,…) ou soumis à des difficultés économiques et sociales structurelles (bassins industriels en reconversion par exemple).
Le développement local présente trois grandes caractéristiques :
- il ne peut exister un modèle unique de développement local, car chaque cas est dépendant des caractéristiques du territoire dans lequel il s’inscrit ;
- le développement local vise à réduire la dépendance d’une collectivité envers les décisions ou les initiatives d’origine externe, en favorisant l’expression de la force endogène du territoire ;
- le développement local nécessite le décloisonnement et le partenariat du plus grand nombre possible d’instances locales et la recherche d’une participation et d’une responsabilisation des habitants envers leur collectivité.
Les pôles métiers d’art
A partir des années 90, sont apparues en France d’assez nombreuses démarches de développement local liées aux métiers d’art, appelées assez souvent : « pôles métiers d’art ». Ces pôles métiers d’art concernent des territoires ruraux ou urbains, plus ou moins étendus (du village au Pays et du quartier à l’agglomération), où les savoir-faire et les productions de professionnels des métiers d’art sont valorisés, souvent à l’initiative d’une collectivité locale soucieuse d’accroître son attractivité touristique ou de revitaliser tout ou partie de son territoire.
Concentration et valorisation des entreprises de métiers d’art caractérisent un pôle métiers d’art. La concentration peut être ancienne, fruit de l'histoire du territoire : c’est la présence d’un savoir-faire traditionnel qui fonde alors la démarche de développement local. Mais, dans une majorité de cas, la volonté de valorisation est préalable à la présence même des savoir-faire : le pôle est alors le résultat d'une démarche volontariste d’acteurs publics locaux, désireux de favoriser l’installation de professionnels des métiers d’art sur leur territoire.
DEXTERIS Consultant a développé une connaissance et une expertise reconnues de ce genre de démarches, notamment grâce à ses interventions auprès de quelques-uns des pôles métiers d’art les plus souvent cités comme références : Aubagne (Bouches-du-Rhône), Desvres (Pas-de-Calais), Nontron (Dordogne), Pézenas (Hérault), Saint-Quentin la Poterie (Gard),...
A Pézenas par exemple, DEXTERIS Consultant a récemment aidé à définir les conditions d’une meilleure synergie entre les équipements culturels et touristiques et les métiers d’art.
A Saint-Quentin la Poterie, des orientations stratégiques pour le développement de la filière céramique ont pu être proposées au Pays.
Pour Desvres, DEXTERIS Consultant a réalisé l’étude de faisabilité d’une pépinière d’entreprises métiers d’art : le « Village des Métiers d’Art ». Labellisé Pôle d’Excellence Rurale, cet équipement innovant a été inauguré en septembre 2010. Il allie développement économique, tourisme, promotion et innovation grâce à 10 ateliers, des équipements mutualisés, un accompagnement économique spécialisé, un « pôle de création design » et des services dédiés aux touristes : espace d’interprétation, parcours de découverte des ateliers, boutique collective et loisirs créatifs. DEXTERIS Consultant apporte aujourd’hui son expertise à la société Interfaces, délégataire de service public pour l’exploitation du « Village des Métiers d’Art ».
Pour Desvres également, a été étudiée la faisabilité technique et financière d’un second équipement innovant : un « pôle de création design », qui encouragera et accompagnera les collaborations entre designers et entreprises de céramique de toute la France.
Plus généralement, DEXTERIS Consultant accompagne et conseille des collectivités porteuses d’ambitieux programmes en faveur de l’accueil et du développement d’entreprises métiers d’art, comme par exemple à Amboise (Indre-et-Loire), Auvers-sur-Oise (Val d’Oise) ou Lagrasse (Aude).
DEXTERIS Consultant a également participé, à la demande de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de l’Allier, à l’étude d’opportunité d’un pôle spécialisé dans la facture instrumentale : l’étude des besoins des diverses familles de luthiers et de facteurs d’instruments de musique a permis de définir les modalités et les conditions de réussite d’une offre territorialisée d’accueil de ces métiers d’excellence.
Les Régions, les Départements et les métiers d’art
Une dizaine de Régions sont dotées de « programmes régionaux de développement des métiers d’art ». Beaucoup de ces programmes ont été initiés à la fin des années 90, lorsque le Ministère chargé de l’Artisanat a souhaité cofinancer avec les Conseils Régionaux des programmes pluriannuels, pour favoriser le développement des entreprises de métiers d’art et la prise de conscience de l’importance économique et culturelle du secteur. Le dispositif devait permettre une concertation entre institutions et professionnels, une structuration du secteur, ainsi que la définition et la mise en synergie d’actions sur les territoires régionaux.
Aujourd’hui, les Régions sont devenues les principaux, voire les seuls financeurs de programmes dont elles délèguent en général la mise en œuvre aux chambres de métiers et de l’artisanat ou à des groupements de professionnels.
Depuis quelques année, il peut être observé par ailleurs l’intérêt de quelques Départements pour des actions de soutien collectif et/ou individuel au secteur des métiers d’art.
DEXTERIS Consultant a accompagné deux Conseils Régionaux (Aquitaine et Poitou-Charentes) et un Conseil Général (Charente) pour la définition, la mise en œuvre et/ou l’évaluation de programmes d’actions visant notamment : la structuration du secteur au niveau territorial, le développement économique (création ou promotion de manifestations et boutiques collectives, aides et conseils aux professionnels,...), la formation et la promotion des métiers d’art. Pour ces collectivités, DEXTERIS Consultant a participé à dresser un état des lieux et à identifier les besoins, attentes et potentialités auprès des acteurs concernés : professionnels des métiers d’art et leurs groupements, chambres de métiers et de l’artisanat, pôles métiers d’art, etc. Ensuite, par un apport d’expertise et la présentation d’actions de référence (benchmarking), il a accompagné les collectivités dans la définition d’une stratégie, d’enjeux et d’actions.
DEXTERIS Consultant a apporté aussi son expertise à deux Chambres de Métiers et de l’Artisanat (Allier et Saint-Pierre et Miquelon), désireuses de concevoir et de proposer aux collectivités de leur territoire une stratégie pour le développement des TPE de métiers d’art.
Pour le Pays de l’Ardèche Méridionale, DEXTERIS Consultant a réalisé un diagnostic quantitatif et qualitatif, puis accompagné un groupe de travail (élus, agents de développement et professionnels des métiers d’art) chargé de définir un plan de développement économique des métiers d’art. Complémentairement, une réflexion prospective a été initiée pour identifier les conditions dans lesquelles les ateliers pourront bénéficier de l’ouverture prochaine de l’Espace de Restitution de la Grotte Chauvet et de son impact sur la fréquentation touristique du Sud-Ardèche.
Conseil, étude, accompagnement et évaluation d'actions de développement des métiers d'art